Pessimiste et optimiste !

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Je suis toujours frappé par le fait que lorsque quelqu’un met le doigt où ça fait mal, on le catalogue spontanément dans la catégorie des pessimistes. Je me suis alors attelé à chercher autour de moi, ce qui faisait la différence entre pessimiste et optimiste.

L’optimiste béat est souvent un individualiste, dans le genre « ça va bien pour moi, donc il n’y a pas de raison que ça ne soit pas le cas pour tout le monde ! ». Optimiste béat qui ne jette pas un regard lucide sur le monde qui l’entoure, qui vit dans sa bulle, et qui ne pense pas un instant qu’un jour où l’autre il sera rattrapé par les évènements. Optimiste béat qui, parce qu’il vit bien, pense que c’est pour la vie. Seulement, dans le monde actuel, les lendemains qui chantent ont vite fait de déchanter ; l’optimiste béat, qui vit dans l’illusion, n’a pas compris que le destin, l’avenir plutôt, est soumis à l’interdépendance des hommes, et c’est bien cela qui entraîne son aveuglement.

Je ne dis pas qu’il faille se lamenter comme le font aussi les pessimistes maladifs, qui subissent la réalité, qui s’enferment dans une bulle illusoire en se « retirant du monde ». C’est une autre forme d’individualisme larvé, qui ne dit pas son nom. Entre le « ça ira mieux demain  » de celui qui ne pense pas qu’il faut agir et se fie à sa bonne étoile, et celui qui pense qu’inévitablement « le ciel va nous tomber sur la tête », n’y a-t-il pas la place pour un pessimisme-réaliste qui part d’un constat pour inventer des solutions d’avenir ? Si on s’en tient aux réalités du monde actuel, tout pousse au pessimisme-fataliste, mais si partant de ce constat on se dit « il faut inventer de nouvelles solutions  » alors on a affaire à un pessimisme dynamique. Il ne faut pas dire « Que va-t-il arriver ? », il faut se dire : «  Que puis-je faire ? »

Je sais que c’est la ligne du Mouvement Démocrate de François Bayrou et de ceux qui l’entourent. On fait le constat (et on ne juge pas, grosse nuance)  on cherche à s’attaquer aux causes plutôt qu’aux conséquences, et on essaie de créer une dynamique collective. Car en somme, les pessimistes passifs et les optimistes béats n’ont pas de vision collective de l’avenir, et c’est là tout le drame. Ces attitudes sont difficiles, humainement parlant, à dynamiser, c’est un état d’esprit destructeur et dangereux  Je ne fais pas de la psychologie de bas niveau, je constate autour de moi ce qu’entraînent ces états d’esprit, repli identitaire et extrémiste pour certains, indifférence et aveuglement pour d’autres.

On peut se poser la question de savoir ce qu’il faudra à François Bayrou pour secouer la torpeur et l’accablement de bien de nos compatriotes. Le courage il l’a, le charisme il l’a, le projet il l’a (certainement même plus élaboré et réaliste qu’en 2007), la vérité il la dit ! Seulement en face, il y a une cohorte d’adversaires qui savent qu’il a raison, qui sont tout heureux de le laisser monter au créneau  pensant simplement récupérer les billes après (dans un article du Monde Mme Boutin réclame une hausse de la TVA de 2 points et un gouvernement d’union Nationale !). Si nous avions affaire à des adversaires « honnêtes », je serais très optimiste. Mais compte tenu de l’attitude de la presse en général, des stratégies de récupération d’idées des deux gros partis, il ne me reste qu’une espérance , celle de souhaiter que la campagne de François, celle qui va le mener au plus près des Français, soit mobilisatrice et déclenche chez eux l’envie d’adhérer à un projet dynamique et novateur.

Je le souhaite, et au fond de moi, j’y crois, parce que si ça n’arrivait pas, j’ai peur pour notre pays et nos enfants. Pas par pessimisme, par réalisme. Et surtout parce que je ne crois pas les deux compères capables d’avoir le courage de sortir le pays et l’Europe de l’ornière. Et comme j’y crois, je ferai personnellement, et bien sûr collectivement avec notre section démocrate, tout ce qu’il faut pour que son message soit diffusé le plus largement possible. La victoire passera aussi par l’implication de nous tous, il faudra se dépenser sans compter, mais sans tomber dans ce qu’on appelle « l’activisme improductif »  qui fait qu’on veut faire beaucoup de choses mais on s’épuise et il n’y a pas de résultats. En somme c’est cibler ce que nous pouvons faire et…le faire !!

L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre.

Saint-Exupéry

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par , lundi 24 octobre 2011

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